Dublin

Et je prends mon envol, destination Dublin…

La tête dans les nuages, je pense que la vie est un plein succès quand le quotidien se définit comme une succession de petites ou grandes satisfactions. Quand vous vous levez en considérant chaque journée comme une occasion de vous surpasser, comme un pari fou à relever, comme une opportunité. Comme le premier jour de votre existence quand l’histoire commence. Comme un moment neuf où il est possible de tout donner, tout tenter, tout gagner. Pour briller. 

Et déjà, mes pieds se posent sur le sol irlandais.

Mes pensées positives prennent forme et mon corps ressent aussitôt ce changement : c’est un air, pur et nouveau, qui envahit mes poumons et me porte, un regard émerveillé et étincelant qui se pose sur l’environnement, un  généreux sourire qui se dessine sur un visage déridé, qui n’a de cesse de l’enjoliver.
Et mon coeur battant s’envole, s’affole… 

Je gagne alors le centre historique de Dublin. 

Du gaélique « Dubh Linn », la capitale évoque sa naissance autour de la « baie de la fumée », bassin d’un affluent de la rivière Liffey. En 837, cette cité paisible, majoritairement habituée par des agriculteurs et pêcheurs, est assiégée par les Vikings, qui remontent la Boyne et la Liffey, à bord d’impressionnants drakkars.

Etablie officiellement en 988, la ville de Dublin jouit d’une position forte et stratégique grâce au commerce de laine et de lin. Le temps passe. La cinquième plus grande ville du continent européen devient alors le théâtre d’importants évènements historiques : la christianisation de l’Irlande par Saint-Patrick, la présence des britanniques sur le territoire et la Guerre d’Indépendance, la Grande Famine, l’émigration massive vers les Etats-Unis…

Je vagabonde littéralement dans les couloirs du temps et je parcours ces siècles d’histoire lors de mon errance.

Je rêve au coeur de la Long Room de Trinity College où, sans doute, mes pas croisent ceux de l’écrivain Oscar Wilde, du poète Samuel Beckett ou encore de Bram Stocker, auteur de Dracula…

A Dublin Castle, je découvre les appartements d’Etat où les salons, richement décorés, ont été témoins de faits importants: l’emprisonnement de James Connolly ou la signature des accords de paix de 1998 sur l’Irlande du Nord. 

Je déambule dans la National Gallery où mon regard s’attarde sur les oeuvres de William Butler Yeats ou George Bernard Shaw…

Au sein de la cathédrale Saint-Patrick, fondée au 12ème siècle, il me plaît de croire en la légende contant que le saint-patron de l’Irlande aurait baptisé ses premiers fidèles à la source, emplacement actuel de l’édifice. J’espère également marcher sur les pas de Jonathan Swift, célèbre satiriste et doyen de la cathédrale en 1713.

Je ferme les yeux au coeur de la cathédrale anglicane Christ Church et jouis du paisible silence régnant dans sa crypte.

Ah Dublin ! 

J’aime m’y perdre volontairement. Des heures durant, j’écoute les artistes de rue défendre leur talent et embellir les ruelles d’une douce musique, de rêves naissants et d’espoir. J’étudie chaque recoin de Saint-Stephen’s Green, Merrion Square ou Phoenix Park, les poumons verts de la ville. La nuit tombée, je longe les mystérieux Docklands en recherche de cette captivante lumière qui se reflète dans les eaux du fleuve. Je traverse le temps à Kilmainham Gaol ou parcours le quartier de Saint Jame’s Gate, où l’odeur du houblon me guide vers Guinness Storehouse. Mais surtout, Dublin me surprend par son côté indéniablement cosmopolite quand mes pieds foulent le quartier culturel de Temple Bar, où se réunit une foule en liesse, friande de musique traditionnelle, de chaleur et de joie de vivre.

« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais. »

(Oscar Wilde)

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