Presqu’île de Howth

Enivrée de l’agitation dublinoise, le désir me gagne de me retirer quelque peu, en recherche d’un climat serein et de quiétude. 

J’emprunte alors le DART en direction d’Howth, charmante et paisible bourgade au nord de la baie de Dublin. 

A peine arrivée, je distingue déjà les premiers restaurants de fruits de mer et l’odeur alléchante des « fish n’ chips » me met en appétit. Qu’à cela ne tienne, je cède sans peine à la tentation et accourt aux abords du port où se tient chaque week-end le marché du village. Celui-ci propose un large éventail de produits biologiques et une découverte authentique d’ingrédients de production locale. Nul n’est sans savoir que la qualité des viandes et des poissons issus d’Irlande n’est plus à faire ! 

Ma promenade au fil des étals m’invite également à quelques discussions avec les maraîchers chaleureux. Une hospitalité sans faille qui est bien typique d’ici et d’ailleurs, en Irlande… et qui, sans surprise, me pousse à l’achat compulsif de quelques produits appétissants. 

Je me dirige ensuite vers le port. 

Sur mon visage, balayé par un vent frais et revigorant, s’esquisse un large sourire. 

Je me sens libre et contemple avec un plaisir inné le mouvement lancinant des vagues de la mer d’Irlande. Eprise de rêveries, mon regard se perd également, entre les nombreux bateaux et voiliers et le débarquement du poisson frais vendu à la criée. Je poursuis ma balade le long de la jetée et profite, depuis le port, de la vue sur le phare de Howth. Toujours en activité, celui-ci, également doté d’un bâtiment destiné aux gardiens, guide les bateaux en approche de la péninsule, dessinée par ses falaises escarpées, ses paysages verdoyants et le phare de Baily. Facilement reconnaissable par son anneau rouge et sa colonne blanche élancée d’une hauteur de 41 mètres, le phare, fondé en 1814, est automatisé depuis 1996. Trois maisons se situent sur site afin d’abriter autrefois les gardiens; cependant, un seul habite encore dans la résidence principale afin d’assurer la maintenance et le dépannage. Certains bâtiments se sont d’ailleurs convertis en musée qui, occasionnellement, permet la découverte de l’histoire du phare et autres anecdotes sur le quotidien peu commun des gardiens.

Je regagne doucement le centre et ma promenade me mène au coeur des ruines de l’église Sainte-Marie et son cimetière. Erigé au 14ème siècle, ce site a indéniablement traversé le temps et ses merveilleuses pierres en témoignent. Je jouis d’une vie imprenable sur la mer et le port. 

Le coucher de soleil ne tarde pas à cette période de l’année et offre l’opportunité de prendre quelques clichés des murs porteurs encore debout. 

Mon escapade se termine au château, dernière étape de ma journée trépidante. 

La luminosité est maintenant parfaite pour parcourir de mes yeux l’édifice de style anglo-normand et ses jolies tours carrées depuis le parc. Si le château est fermé aux visiteurs, les jardins, formidablement travaillés, sont accessibles. Les nombreux rhododendrons, les hêtres et haies sculptées m’apportent ce dont j’avais besoin aujourd’hui: le calme, la sérénité et la paix intérieure. 

Les couleurs sombres de la nuit tintent déjà la baie de Dublin, percée toutefois par la lumière virevoltante des phares. Les ruelles sont maintenant logées dans le noir où, dans son profond mystère, mes oreilles s’emplissent de l’entrain de la musique traditionnelle issue des pubs.

Après un dernier verre, je prends le train afin de regagner Dublin. Aujourd’hui, j’ai collectionné une série de moments inoubliables et indélébiles. Rêveuse, la tête posée contre la fenêtre du train, je m’éprends déjà de la terre d’Irlande et m’impatiente d’y poursuivre mon itinéraire. 

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