Région des Wicklow

« A quoi ressemble le jardin d’Eden ? »

Imaginez un territoire tout habillé de vert, où, de sa terre fertile, naissent les forêts.
Imaginez de nombreuses parcelles criblées de lacs et cascades où la seule mélodie est jouée par l’eau qui coule à flots et son éclatement sur les roches. 

Et cette absence de bruit, entrecoupée par le chant des oiseaux et le brame lointain du cerf, est jouissive et revigorante.
Les poumons s’emplissent d’un air nouveau et salutaire.
Au petit matin, le parfum de l’herbe coupée et de la rosée est fougueux et le soleil, tel un phoenix, renaît et illumine de ses rayons une région attrayante.

Le jardin de l’Irlande, bordé par la mer éponyme, m’accueille chaleureusement et m’offre de multiples possibilités afin de satisfaire mon besoin d’aventure. Sans aucune hésitation, je m’élance à corps perdu dans une escapade au sein de cette nouvelle contrée sauvage et authentique.

En route vers Enniskerry, je suis irrémédiablement attirée par une imposante demeure. Powerscourt Estate, bâtisse du 17ème siècle, m’émerveille déjà !
Lord Powerscourt, influencé par les palais visités durant ses périples européens, a absolument tout pensé jusqu’aux infimes détails : les magnifiques jardins, qui recouvrent un terrain pentu, donnent une impression justifiée de grandeur et de somptuosité, les jardins japonais et les superbes pagodes satisfont votre désir d’évasion. Un véritable festival de couleurs, sans aucun artifice, éclate véritablement devant vos yeux au coeur de la roseraie et des Walled Gardens. Au cours de la promenade, je parcours du regard les nombreuses antiquités et fontaines qui décorent admirablement ces 19 hectares de beautés naturelles.

Après quelques heures passées dans une végétation luxuriante, j’apprécie une dernière fois la vue sur le mont Sugar Loaf avant de me rendre vers le col de Sally Gap, point de vue exceptionnel sur les paysages de tourbière.

Je gagne ensuite le Parc National des Montagnes de Wicklow.
Sur une terre austère, pratiquement lunaire, un sentiment de solitude et d’euphorie m’envahit ; me voici isolée sur un territoire désolé aux collines érodées. Et je m’enfonce des heures durant jusqu’à Upper Lake.
Entouré de forêts de sapins, ce superbe joyau naturel inspire la quiétude et la dévotion; le lieu délimite par ailleurs le site monastique de Glendalough et ses vestiges, dont la cellule de saint Kevin, orthodoxe et catholique. Fondateur d’une église au coeur des montagnes, Saint-Kevin, patron de la ville de Dublin, est, alors, le principal acteur de la naissance d’un véritable centre monastique et lieu de pèlerinage, maintes fois visité de nos jours. 

Les yeux indéniablement aveuglés par la majesté des lieux, je me dirige vers Ashford à la découverte de Mount Usher Gardens, fascinant jardin aux 4000 espèces issues du monde entier. 

Et si c’était ça, le jardin d’Eden ? 

Une contrée envoûtante où le cours du temps est si vif qu’il faille apprécier chaque brève minute ? Une région où la notion d’espace se perd pour laisser place à la volupté, à la plénitude ?

Et si simplement, on s’y abandonnait ?

L’herbe, qui n’est pas employée à temps, est sans vertu.
(proverbe irlandais)

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